On m'a parlé du pairing... mais qu'est-ce que c'est ? Plus
précisément, quel est l'objet du pairing ?
On m'a dit que l'ABA ne marche pas pour certains enfants, c'est vrai ? (question sur un forum)
Je fais un peu de tout, ABA, TEACCH, PECS etc ... ça ne pose pas de problème, hein ? (question posée par mail)
Mais alors ... l'ABA c'est du conditionnement ?
Vous donnez des bonbons et des chips aux enfants ! C'est du dressage ! (question posée par mail)
La communication facilitée vous en pensez quoi ? (question sur un forum)
Dans votre approche très technique vous ne faites pas de place au sujet (remarque lors d'une réunion d'équipe éducative)
Vous ne traitez que les symptômes et pas la cause !
Chez les enfants lourdement atteint par l'autisme...
Où est la part d'inconscient, est-elle toujours présente? (question par mail)
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On m'a parlé du pairing... mais qu'est-ce que c'est ? Plus
précisément, quel est l'objet du pairing ?
C'est une très bonne question.
Si l'on parle techniquement, le processus de pairing est
"uniquement" le processus d'association entre deux stimuli, entre deux
événements, dont l'un est neutre (il n'a aucune valeur émotionnelle pour
l'enfant) et l'autre n'est pas neutre (il a une valeur émotionnelle).
Dans ce sens, on peut très bien faire du pairing entre un événement
plaisant et un événement neutre (à ce moment l'événement neutre
deviendra également plaisant) ; mais on peut aussi faire du pairing
entre un événement neutre et un événement déplaisant (dans ce cas,
l'événement neutre deviendra aussi déplaisant).
Le pairing est tout simplement un principe de conditionnement...
Je ne sais pas pourquoi ce terme de conditionnement fait peur aux
gens...puisque c'est le résultat de nos expériences passées qui fait ce
que nous sommes aujourd'hui ... c'est peut être un terme trop technique.
Mais l'important dans le pairing , c'est ne pas tant que ça de se
souvenir du terme conditionnement .. mais plutôt de se dire que c'est
par ce processus que l'on peut lier une relation de confiance avec un
enfant, relation qui permet ensuite d'enseigner de nombreuses
compétences qui lui seront utiles ensuite .. (comme la communication)
...
Mais dans la pratique tout se complique !Lorsque l'on parle de pairing avec les enfants avec autisme, on fait le plus souvent
référence au processus d'association entre des événements plaisants (des renforçateurs) et
des événements neutres (un nouveau thérapeute, une nouvelles école, un psychologue qui vient pour faire une évaluation, etc.).
L'objectif du pairing est alors qu'un événement neutre devienne un
renforçateur.
Egalement, lorsqu'on parle du pairing, on fait le plus souvent
référence à l'association entre une personne (éducateur, parent, instit
etc.) et des renforçateurs. A ce moment, l'objectif est que la personne,
qui a priori n'est pas très intéressante pour l'enfant, devienne
intéressante, qu'elle devienne un renforçateur, qu'elle devienne, pour
l'enfant, une "glace au chocolat géante !".
Un des premiers objectifs du pairing est que l'enfant s'approche de
l'adulte, et s'en approche très fréquemment.
Pour ça, plusieurs techniques :
- assainir l'environnement, c'est à dire mettre sous clé ou en
hauteur ce qui l'intéresse, afin qu'il soit obligé de passer par vour
pour obtenir ses renforçateurs.
- lorsqu'il est engagé dans des activités, même d'autostimulation,
s'insérer dans ses jeux, pour les rendre encore plus intéressants
- ne PAS parler... ou alors juste pour féliciter
- ne PAS donner de consignes ou alors s'il accepte, juste pour lui
donner des renforçateurs (ex ; "tiends, prends la toupie")
- s'approcher régulièrement de lui avec quelque chose de
sympathique, lui donner, sans rien dire, et s'en aller
C'est seulement une fois qu'il s'approche régulièrement de vous,
que vous pouvez lui faire demander les objets qu'il apprécie. (il peut
être nécessaire de modifier un peu les choses en fonction des
enfants...pour certains le pairing doit être fait beaucoup plus
doucement, pour d'autres de façon beaucoup plus active...).
Egalement, lisez ce document sur le contrôle instructionnel qui est très relié au pairing.
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On m'a dit que l'ABA ne marche pas pour certains enfants, c'est vrai ?
C'est
tout aussi vrai que de dire que les lois de la gravitation ne
s'appliquent pas à certains enfants. En physique, il existe de très
nombreux paramètres à prendre en compte pour pouvoir comprendre,
prédire et modifier (par exemple) la façon dont tombe un objet (gravité
/ vent / frottements etc.). Pour comprendre, prédire et modifier des
comportements c'est la même chose, on doit être capables de prendre en
compte de nombreux paramètres.
En
fin de compte, j'ai tendance à dire que c'est la façon dont les
personnes utilisent et appliquent l'ABA qui conditionne l'efficacité
(ou la non-efficacité) observée. En effet, on ne peut pas remettre en
cause la réalité des principes comme le renforcement, le contrôle du
stimulus, l'extinction etc. qui sont les bases de l'ABA et qui ont été
démontrés à de nombreuses reprises. Mais ils peuvent être mal utilisés
ou certains paramètres de la situation peuvent ne pas avoir été pris en
compte ce qui amène à un échec. Est-ce parce qu'un antibiotique n'a pas
été efficace pour votre enfant que la chimie ne s'applique pas à votre
enfant ? Les professionnels ou personnes désirant suivre les principes
de l'ABA doivent toujours avoir en tête notre dévouement à l'efficacité
et si une procédure en particulier n'est pas efficace, un apprentissage
n'est pas obtenu, un comportement ne diminue pas ... il est de notre
devoir de savoir réviser/modifier ce qui est actuellement proposé (voir
éthique de l'ABA).
Une
dernière remarque : comme on me l'a très justement fait remarquer,
l'ABA n'est pas l'application d'une "formule magique" qui arrange tous
les problèmes... les thérapeutes et personnes formées n'ont
malheureusement pas de "pouvoirs" (bien que de nombreux parents que
j'ai rencontrés mériteraient une citation). Il existera toujours des
limitations environnementales, physiologiques, sociales aux différents
apprentissages proposés, limitations dépendantes des personnes (y
compris facteurs génétiques et développementaux) et/ou de leurs
environnements. Cependant, on tentera toujours de faire changer les
choses !
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Je fais un peu de tout, ABA, TEACCH, PECS etc ... ça ne pose pas de problème, hein ? (réponse en ce qui concerne TEACCH modifiée en décembre 2007 grâce aux remarques d'une collègue - merci Stéphanie)
Là,
la réponse est un peu plus complexe que oui ou non ... La réponse est
plus complexe tout d'abord parce que quand on parle de ces trois choses
(ABA - TEACCH - PECS) on ne parle pas du tout de la même chose. L'ABA
est l'application aux humains de la science 'analyse du comportement'
et comme telle, elle couvre tout ce qui est lié aux comportements
humains ; pas seulement les problèmes de comportements, pas seulement
l'autisme, pas seulement le langage ... mais tout ça et même plus.
Le PECS quant à lui ne couvre que ce qui concerne le langage et plus précisément les comportements verbaux utilisant l'échange d'images comme moyen de communication.
De plus, comme il est très bien dit dans les formations PECS, le PECS a
été créé grâce à l'ABA et un de ses créateurs, Andy Bondy, a une
formation d'analyste du comportement. Donc en fin de compte, le PECS
est une procédure (parmi d'auters) pour enseigner aux personnes
non-vocales à communiquer.
En
ce qui concerne TEACCH, là on est dans un autre schéma. TEACCH est un
programme universitaire mis en place initialement en Caroline du Nord
(USA) et qui s'est énormément développé dans cet état. Il implique la
prise en compte de nombreux facteurs dans la prise en charge de
personnes autistes, sur lesquels je ne reviendrai pas ici (voir par
exemple l'article en français sur wikipédia).
Je
vais commenter sur les applications de TEACCH que j'ai pu en voir en
France et grâce aux remarques d'une de mes collègues ayant suivi deux
formations TEACCH par l'équipe de Gary Mesibov :
-
dans les programmes TEACCH, l'accent est mis sur la structuration de
l'environnement, c'est à dire entre autres, le fait de rendre certains
stimuli de l'environnement plus saillants afin que ces stimuli
contrôlent tel ou tel comportement. Notamment, il est fait appel à de nombreuses aides visuelles
qui en fin de compte contrôlent les comportements des personnes
(pictogrammes pour les activités - emplois du temps visuesl etc.). Cela
ne pose aucun problème si l'on réfléchit dès le début de la mise en
place de ces aides visuelles à la façon dont on va les estomper
afin de permettre à la personne d'évoluer dans un milieu le plus
typique possible (donc un milieu avec moins d'aides visuelles).
Cependant, comme me le faisait remarquer ma collègue, on est parfois
obligés de laisser ces aides visuelles en place (par exemple avec des
personnes ayant de fortes déficiences).
-
cette structuration de l'environnement permet de réduire certains
problèmes de comportements reliés à la communication expressive et
réceptive. Mais attention à ne pas "enfermer" les personnes dans un
environnement trop restreint qui réduira leurs possibilités
d'intégration et d'autonomie.
Donc
en fin de compte et pour résumer, l'ABA est la science qui nous permet
de comprendre, prédire, modifier les comportements des personnes. Parmi
ces comportements se trouve la communication (les comportements
verbaux) qui peut être enseignée grâce au PECS (mais qui n'est
évidemment pas une fin en soi!) ; et en ce qui concerne TEACCH, ce
programme s'occupe de la structuration de l'environnement et des
apprentissages. Cette structuration doit absolument être individualisée
et estompée, suivant les principes et procédures de décrits par l'ABA,
afin que les apprentissages soient le plus efficaces possibles et que
les personnes puissent fonctionner dans un environnement typique.
Alors, non, on ne peut pas faire "un peu de tout", TEACCH, PECS, ABA etc ...
On doit connaitre les principes de l'ABA, connaitre les principes
amenant à l'apprentissage, le maintien et parfois la diminution de
comportements, savoir comment aider ces apprentissages (guidances) et
faire en sorte qu'ils soient généralisés. Lorque l'on connait ces
principes, on peut choisir comment proposer tel ou tel apprentisage aux
personnes ; par exemple en leur enseignant à utiliser le PECS pour
communiquer, ou choisir de structurer les lieux d'apprentissage suivant
le modèle TEACCH, tout en gardant à l'esprit qu'un apprentissage qui
n'est pas généralisé n'est pas un apprentissage fonctionnel, donc ne
sert à rien.
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Mais alors ... l'ABA c'est du conditionnement ?
A
question simple, réponse simple : oui, mais tout apprentissage, de la
façon d'acheter sa baguette de pain à la résolution d'équations du
deuxième degré en passant par la conception d'un site web dédié à l'ABA
est réalisé suivant les principes du conditionnement.
Vous voulez peut être que je développe un peu plus ?
OK.
C'est ce mot 'conditionnement' qui vous fait peur ou vous ennuie ? En
fin de compte c'est de cette façon que sont effectués tous les
apprentissages de tous les organismes et donc bien sûr des Humains.
Lorsque je me suis approché le doigt d'une allumette parce que je
trouvais la flamme jolie, j'ai appris (mon organisme a appris) que les
conséquences associées à la proximité d'un flamme étaient suffisamment
aversives pour que mon corps essaie au maximum d'en rester éloigné.
Lorsque vos parents vous ont fait des compliments et des bisous alors
que vous étiez tout bébé et que vous avez commencé à sourire, votre
organisme a appris que les sourires pouvaient attirer l'attention des
personnes autour de vous.
On
pourrait trouver une infinité d'exemples de cette sorte car les
apprentissages effectués par un organisme tout au long de sa vie sont
quasiment innombrables !
Lorsque
nous nous occupons d'enseigner des compétences ou de diminuer des
comportements (ex : manger des fruits et légumes pour garder la ligne -
ne pas parler fort en classe - demander poliment pour avoir à manger),
nous devons savoir que c'est l'environnement des organismes qui évoque
des comportements et c'est ce même environnement qui renforce (ou pas)
ces comportements. Ainsi, l'organisation systématique de
l'environnement et l'application de principes scientifiques maintes
fois démontrés nous permettent d'être efficaces dans nos actions
éducatives, et parmi ces principes scientifiques démontrés figure le
conditionnement. Evidemment, dans la grande majorité des cas on ne fait
pas référence au conditionnement tel que décrit par Pavlov (conditionnement répondant) mais à un conditionnement nettement plus complexe, le conditionnement opérant.
Je
pense que la plupart du temps les gens refusent l'utilisation du terme
'conditionnement' car ils pensent immédiatement au chien de Pavlov. En
fin de compte lorqu'un analyste du comportement parle de
conditionnement, il ne parle quasiment jamais de ce type de
conditionnement, mais même si cela était le cas, je ne vois pas ce
qu'il y a de mal à dire que nos comportements sont appris et maintenus
suivant les mêmes lois que pour les autres organismes. Et je ne vois
pas non plus ce qu'il y aurait de mal à utiliser de façon réfléchie et
raisonnable ces principes (conditionnement répondant et opérant) afin
d'enseigner des compétences ... puisque de toute façon c'est suivant
ces principes que l'environnement modifie nos réactions et que nous
apprenons à nous comporter dans notre environnement.
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Vous donnez des bonbons et des chips aux enfants ! C'est du dressage !
Quand on m'a fait cette remarque je me suis beaucoup interrogé sur la façon d'y répondre.
Il
faut savoir que dans la pratique de l'ABA nous prenons toujours en
compte les envies, les préférences, les désirs des enfants pour leur
proposer des apprentissages qui les "motivent". Donc, c'est vrai, si un
enfant n'est intéressé que par des chips ou du saucisson, je vais
utiliser cet intérêt déjà présent pour, à la fois pouvoir enseigner à
cet enfant des compétences qui lui seront profitables et pour, en
parallèle développer de nouveaux intérêts, de nouveaux renforçateurs
dont notamment les renforçateurs sociaux (félicitations - sourires -
chatouilles...) et les renforçateurs "activité" (bulles - jouer aux
voitures - faire du trampoline par exemple ...).
Trop
souvent dans des programmes réalisés par des gens se disant
spécialistes de l'autisme et de l'enseignement je vois des enfants pour
lesquels les préférences ne sont pas prises en compte et ces
"spécialistes" n'utilisent que des renforçateurs sociaux ("oui bravo!!"
- qui en fait souvent ne sont pas des renforçateurs puisque les enfants
n'apprécient pas spécialement ce type de stimulation). Ceci est très
dommageable pour l'enfant qui n'apprendra pas aussi vite qu'il le
pourrait si l'on prenait en compte ses envies... Imaginez vous à la 25è
fois en quinze minutes où l'on vous dit "bravo, tu as super bien
réussi".
Ensuite,
concernant le "dressage", je dois bien rappeler que l'ABA n'a rien à
voir avec le dressage d'animaux ou le formatage de petits robots ! Nos
objectifs sont toujours à long terme le maximum d'autonomie et
d'indépendance possible pour la vie quotidienne. Alors parfois lors de
l'enseignement, certains comportements peuvent paraître très
automatisés mais ils ne le resteront pas, au fur et à mesure que l'on
va construire des compétences complexes sur ces compétences simples.
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La communication facilitée vous en pensez quoi ?
Cette
méthode est très controversée, et comme dans toute controverse, ce qui
peut nous permettre de trancher d'un côté ou de l'autre, ce sont des
arguments scientifiques. Surtout lorsque l'on parle de personnes en
difficultés, en souffrance, et lorsqu'on parle de sujets comme
l'autisme et les TED qui sont encore assez "mystérieux".
Concernant la communication facilitée, il existe cette recherche (en anglais - pdf - 1.4 Mo) ayant été réalisée en 1995, aux Etats Unis.
Cette recherche a été publiée dans un journal très connu et contrôlé
suivant ce que l'on appelle "peer review", c'est à dire qu'avant
publication, toutes les informations sont v érifiées à la loupe suivant
les critères scientifiques les plus stricts, ce qui est normal lorsque
l'on parle de soins !! Vous ne voudriez pas que votre cardiologue
essaie sur vous un nouveau médicament dont l'efficacité n'a pas été
vérifiée !!
Les auteurs ont créé trois situations dans lesquelles on posait des
questions à l'enfant et il devait répondre par l'intermédiaire du
"facilitateur". Ces questions concernaient ce qui était représenté sur
des images :
1 - Le facilitateur et le patient voyaient les mêmes images
2 - Le facilitateur ne voyait pas l'image
3 - Le facilitateur voyait une "fausse image" (et le patient en voyait une autre)
Les
résultats sont que le patient n'a tapé les bonnes réponses que lorsque
le facilitateur avait accès aux infos, n'a jamais tapé la bonne réponse
lorsque le facilitateur ne voyait pas l'image, et a tapé la réponse
concernant l'image vue par le facilitateur dans la condition 3 et pas
l'image que voyait l'enfant avait accès. Donc il n'existe aucune communication venant de la part de l'enfant !
Référence :
Montee, B. B., Miltenberger, R. G., & Wittrock, D. (1995). An
experimental analysis of facilitated communication. Journal of Applied
Behavior Analysis, 28, 189-200.
Recherche disponible gratuitement ici en format pdf (1.4 Mo).
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Dans
votre approche très technique vous ne faites pas de place au sujet,
mais il n'y a pas que les apprentissages qui comptent il faut aussi
créer une relation, n'est-ce pas ?!?
Cette
remarque qui m'a été faite lors d'une réunion éducative par un
psychologue scolaire demande quelques réactions (dont j'ai d'ailleurs
fait part à cette personne).
(1) Lorsque l'on travaille en ABA, c'est le sujet qui est au centre de toutes nos préoccupations !!!
Chaque programme d'apprentissage, chaque procédure de gestion des
comportements, toutes les actions que nous proposons doivent être à
100% individualisées et adaptées à chaque cas particulier ! C'est
montrer une absence de connaissance totale de ce qu'est l'ABA que de
dire que l'on ne prend pas en compte l'individualité de chacun... Si on
ne prend pas en compte l'enfant dans son individualité, on est
quasiment sûrs d'aller vers un échec de ce que l'on propose.
(2)
Evidemment qu'il faut créer une relation avec les enfants avec lesquels
on travaille ! S'il n'y a pas de relation je ne pourrai jamais faire
mon travail correctement. Mais l'établissement d'une relation c'est aussi un apprentissage.
C'est un apprentissage mutuel de ce que l'on peut attendre d'autrui, de
ce qu'il peut nous apporter autant d'un point de vue émotionnel que
d'un point de vue matériel. Lorsque je rencontre de nouvelles
personnes, que ce soit dans le cadre professionnel ou privé, la mise en
place d'une relation va dépendre de nombreux paramètres liés à toute
notre histoire de vie et à nos réactions actuelles avec la personne. De
plus, une relation, comme tout apprentissage est un processus dynamique, elle va être constamment modifiée par différents événements.
Ces modifications seront plus ou moins importantes mais elles auront
constamment lieu. Alors, le fait de voir l'établissement d'une relation
comme un apprentissage nous permet d'emmener cette relation dans une
direction positive afin d'atteindre nos objectifs (notamment
l'éducation de personnes atteintes d'autisme).
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Vous ne traitez que les symptômes et pas la cause !
Quand
j'entends ce genre de commentaires ils viennent en général (1) de
psychanalystes, (2) de personnes ne connaissant pas grand chose à l'ABA
(et les deux vont souvent ensemble). Alors sans vouloir rentrer dans le
débat de l'efficacité (ou de la non-efficacité) de la psychanalyse à
traiter les causes des comportements voilà ce qu'un analyste du
comportement peut répondre.
Lorsque
l'on cherche à modifier des comportements, on doit prendre en compte
l'individu dans son environnement. En effet, c'est l'environnement qui
va faire que des comportements se maintiennent. Cependant, les
différences individuelles sont à la base de notre approche et si on ne
les prend pas en compte, nos actions sont vouées à l'échec. Si l'on
parle de comportements en partiiculiers (la plupart du temps
inadaptés), une analyse fonctionnelle précise nous permet d'analyser un
comportement de façon suffisamment précise pour le diminuer tout en (la
plupart du temps) le remplaçant par un autre comportement adapté...
donc on traite le symptôme et la cause.
Si
l'on parle de troubles en particuliers, comme l'autisme puisque c'est
mon domaine de spécialité, notre façon de voir ce trouble doit être
amenée par des informations scientifiques et objectives. Alors, si l'on
part des prémisses que l'autisme est un trouble du développement, avec
une base génétique et environnementale, lorsqu'un spécialiste ABA
propose des programmes éducatifs, il agit sur les deux, cause et
symptôme. Mais si l'on part des prémisses que l'autisme est un trouble
relationnel, là en effet en ABA on ne s'occupe pas du tout de la cause
(relation mère-enfant)...mais cette cause est complètement
hypothétique, même "farfelue" (pour être politiquement correct) et
toutes les personnes se tenant informées sont au courant de ce fait.
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Chez les enfants lourdement atteint par l'autisme...
Où est la part d'inconscient, est elle toujours présente?
Le
concept d'inconscient a été crée/développé principalement par la
psychanalyse, mais n'est plus que très peu utilisé (voire pas du tout)
par la psychologie moderne, scientifique et l'analyse du comportement.
Alors, y compris pour des personnes au développement "typique", je ne
trouve pas que ce concept soit nécessaire pour comprendre l'être
humain.
Un humain, dans
une situation donnée, réagit, pense, parle etc. en fonction des
différents stimuli autour de lui et en fonction des stimuli qui ont pu
être reliés (dans le passé) à différentes expériences (bonnes ou
mauvaises). Ainsi, on ne peut pas toujours savoir quels sont les
stimuli qui nous font réagir de telle ou telle façon (même après 20 ans
d'analyse!). De nombreuses (très nombreuses) de nos réactions ne sont
donc pas "conscientes", dans le sens où l'on ne sait pas quels sont les
stimuli qui nous influencent (ni dans quel sens). On pourrait peut être
dire que nous réagissons de façon inconsciente...mais ce terme est trop
connoté.
Alors, quelle que soit la personne dont on parle ou le handicap, les mêmes mécanismes de fonctionnement s'appliquent.
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