L'Analyse du Comportement Appliquée - Site personnel d'Olivier Bourgueil

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ABA et autisme

L'ABA a déjà été utilisé dans de très nombreux cas avec des personnes atteintes d'autisme, pour enseigner beaucoup de comportements différents (ex : lecture/écriture, comportements verbaux, auto-gestion, jeu approprié...) et pour diminuer des comportements inadaptés (ex : écholalies, autostimulation, comportements agressifs...). Je vais présenter ici trois points particuliers : augmentation des compétences de langage, réduction des comportements répétitifs, augmentation des compétences sociales. Cette section sera régulièrement augmentée/modifiée, revenez régulièrement.

Comme le signale un rapport des services américains de la santé : "Trente années de recherche ont montré l'efficacité des méthodes comportementales appliquées pour réduire les problèmes de comportements et augmenter la communication, les apprentissages et les comportements sociaux adaptés" (U.S. Department of Health and Human Services, 1999. Mental Health: A Report of the Surgeon General. National Institute of Mental Health).

 

Augmentation des compétences de langage

Avant tout, je vous conseille de lire ma présentation de l'approche fonctionnelle du langage (voir la page correspondante dans la partie de présentation de l'ABA). L'utilisation de cette approche du langage permet de bien séparer les apprentissages à réaliser et permet ainsi une plus grande efficacité dans notre façon d'enseigner le langage.

Les comportements verbaux sont des comportements renforcés par la médiatisation, par l'intermédiaire, d'autrui. Alors, lorsque l'on parle de langage, et spécialement en rapport avec l'autisme, il faut dire tout de suite que l'utilisation de moyens alternatifs comme le PECS ou les signes ne semblent pas empêcher les enfants de développer le langage vocal et même peuvent aider à son émergence. Je voulais siganler ce point tout de suite, car de nombreux enfants atteints d'autisme ne développant pas spontanément un langage fonctionnel, il me semble primordial d'encourager dès que possible la communication avec autrui et cela peut être fait en utilisant des moyens alternatifs. Cela est d'autant vrai que de nombreux comportements inappropriés (colères - autoagression etc.) ont une fonction de communication et vont, s'ils sont remplacés par des comportements appropriés, diminuer rapidement.

Pour mettre en place des environnements favorables à des interventions visant le langage, on peut suivre quelques conseils. (1) Il faut bien connaitre et savoir appliquer la classification fonctionnelle du langage de Skinner et les principes de l'ABA (par exemple savoir comment/quand renforcer un comportement, commen façonner un comportement etc.). (2) Utiliser un curriculum progressif nous indiquant un ordre des objectifs à atteindre, comme l'ABLLS-R. (3) Arranger l'environnement de la personne (et nos propres comportements) de sorte que l'on incite l'apparition des comportements verbaux ; par exemple faire en sorte que les choses appréciées (renforçateurs) ne soient pas en "libre accès" mais que l'enfait doive nous demander pour les obtenir, par exemple, créer des situations inhabituelles ou étonnantes pour inciter l'enfant à émettre des commentaires.

Je vais présenter rapidement les 9 aptitudes essentielles de communication proposées par Frost & Bondy (2002) car je pense que cela peut être un bon guide pour commencer avant d'avoir un curriculum plus conséquent.

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Demander des renforçateurs : une des premières choses à enseigner à un enfant ! Quel que soit le moyen de demander (vocal - pointage - PECS - signes....

Demander de l'aide : ceci permet à un enfant de savoir qu'il peut, s'il se retrouve dans une situation difficile avoir votre assistance, plutôt que, par exemple, jeter le matériel.

Demander une pause : idem que pour l'aide, mais l'enfant demande à rester un peu seul ou faire autre chose. Attention, une pause n'est pas un moment où l'enfant a accès à de forts renforçateurs.

Rejeter : savoir donner son avis si l'on désire manger telle ou telle chose, si l'on désire aller voir telle personne. Attention à votre façon de présenter les instructions, si vous donnez le choix à l'enfant ("tu veux travailler?") et qu'il sait vous dire "non", vous devrez respecter sa décision !! puisque vous avez pris la décision de lui donner le choix !

Accepter : ceci est notamment important pour les comportements sociaux.

Suivre les consignes : évidemment, sans suivi de consignes, le travail avec l'enfant sera quasiment impossible.

Faire les transistions entre activités : un transition est un moment, pour absolument tous les enfants, propice à l'apparition de nombreux comportements inadaptés comme courir dans les couloirs de l'école, parler fort etc. Pour les enfants atteints d'autisme, cela est d'autant plus difficile que souvent leur compréhension du langage ne leur permet pas de savoir exactement ce qui est en train de ou va se passer. L'utilisation de supports visuels peut être efficace, mais comme tout support visuel, on foit estomper son utilisation dès que possible.

Suivre un emploi du temps : là aussi, on peut commencer par du visuel, mais il faut absolument estomper ce genre de systèmes. Nous avons quasiment tous des supports pour savoir comment est organisée la journée (agenda / pocket PC etc.) mais nous devons aussi savoir en être indépendants, par exemple en le regardant au début de la journée et en mémorisant les événements à venir.

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Comme je l'ai dit plus haut, il me semble impératif de travailler le plus tôt possible sur l'apprentissage des comportements verbaux, pas forcément vocaux dès le début mais le langage vocal doit toujours rester une priorité, même si ce n'est pas sur le court terme.

En fonction des enfants, on peut en parallèle appliquer différentes procédures. Pour les enfants ayant très peu de vocalisations, il va falloir dans un premier temps les augmenter, donc il faudra renforcer au maximum ces comportements. Pour des enfants ayant des vocalisations n'apparaissant qu'à des moments précis, on peut commencer à essayer d'augmenter les différents moments où les vocalisations apparaissent. Dans tous les cas, un travail sur l'apprentissage de l'imitation doit être mis en place car cela permettra à un moment de travailler sur l'imitation vocale.

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Réduction des comportements répétitifs

Les comportements répétitifs (on dit aussi stéréotypés) peuvent être envahissants ou non. Dans tous les cas, le fait de réduire durablement ces comportements ne peut se faire que si l'on a "autre chose" à proposer aux enfants. En effet, ils ont développé certains modes de relations avec leur environnement (et notamment avec les objets de cet environnement), ils ont développé certains "jeux" très personnels et tout comme vous n'aimeriez pas que l'on supprime des sources de stimulation de votre environnement (pensez à l'état dans lequel vous vous trouvez lorsque votre connexion Internet ou télévision tombe en panne), on ne peut pas supprimer ces sources de stimulation de l'environnement des enfants sans leur donner accès à d'autres sources de stimulation.

Si on veut supprimer un comportement répétitif d'un certain genre et qu'on ne "propose" rien d'autre aux enfants, on peut être certains que soit le comportement ne diminuera pas ou que les enfants trouveront d'eux-mêmes un autre comportement pour "remplacer" le précédent.

Ces comportements peuvent dans certains cas n'être autorisés que dans certains lieux ou à certaines heures, cependant, je pense que si cela est possible il vaut mieux les supprimer totalement. Ceci car les moments où les personnes s'engagent dans des comportements répétitifs sont des moments pendant lesquels ils pourraient s'engager dans des comportements plus typiques et plus "enrichissants" (jeux - interactions sociales - activités artistiques etc.).

Les comportements répétitifs sont intéressants dans le sens où ils nous indiquent en partie les préférences sensorielles de l'enfant. Préfère-t-il les stimulations auditives, visuelles, tactiles etc. ? Ceci peut nous donner des idées par quoi remplacer le comportement répétitif en proposant d'autres activités dans le même domaine sensoriel.

Il est évident que, comme pour diminuer tout comportement, vous devez connaitre la fonction du comportement. Lorsque l'on parle de comportements stéréotypés, on ne fait que décrire la 'forme' du comportement, ce à quoi il ressemble (ex : aligner des voitures - regarder le même DVD - prononcer la même phrase) ; il faut également connaitre la fonction car bien que de nombreux comportements répétitifs soient de l'autostimulation (= auto-renforcement), certains peuvent être renforcés par de l'échappement à des stimuli aversifs (ex : prononcer la même phrase "pour" ne pas entendre les instructions) ou l'obtention de stimuli (ex : aligner les voitures "pour" que quelqu'un vienne interagir avec nous).

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Augmentation des compétences sociales

L'augmentation des compétences sociales est également un point qui revient régulièrement lorsque l'on parle d'autisme. Il est vrai que grand nombre de ces enfants paraissent insensibles à la présence d'autrui, ou ne se soucient que très peu de cette présence. Il est important de se demander ce qui, pour des enfants typiques, renforce les comportements sociaux car c'est ce qui va nous permettre de proposer des exercices spécifiques pour les personnes atteintes d'autisme. Si ce qui renforce "habituellement" les comportements chez des enfants typiques n'est pas renforçant pour l'enfant avec autisme, il faudra utiliser d'autres renforçateurs avant de progressivement se déplacer vers des contingences plus naturelles.

Comme pour le langage, il est plus qu'utile de se munir d'un curriculum type ABLLS-R pour nous aider à évaluer le niveau de l'enfant et décider des priorités pour ce domaine en particulier.

Un des premiers comportements sociaux apparaissant chez les très jeunes enfants (ne parlant pas encore) consiste en le fait, si les deux enfants sont placés dans la même pièce avec des jouets en deux exemplaires, de prendre le même objet que le pair. Il semblerait que ce comportement imitatif puisse jouer un rôle dans les comportements sociaux, ce qui doit nous encourager dans des programmes ABA à travailler l'imitation spontanée et pas seulement l'imitation sur consigne (évidemment ce n'est pas la seule raison pour travailler l'imitation spontanée!).

Les comportements sociaux sont également renforcés par le fait de recevoir quelque chose de tangible, comme lorsqu'un enfant donne à un autre un jouet. Il faut donc s'assurer que ce comportement est présent chez les enfants dont on s'occupe. Cela peut commencer par le fait que l'enfant accepte de recevoir des renforçateurs de la part d'autres personnes que les personnes habituelles.

Une remarque valable dans tous les cas : le fait, comme pour les comportements verbaux, que les activités / renforçateurs préférés de l'enfant ne soient pas en libre accès permet d'augmenter l'attractivité du monde social car l'enfant est obligé de passer par ce monde social pour obtenir ce qu'il désire. Ainsi, les personnes de l'environnement, par association avec l'obtention de renforçateurs deviennent elles-mêmes des renforçateurs !

Lorsque l'enfant accepte les objets donnés par autrui, il faut aussi qu'il puisse se déplacer pour aller les chercher. Il doit pouvoir regarder les membres de son environnement social, suivre des instructions données par d'autres, imiter des enfants, accepter d'être proche d'eux. Ensuite, il doit pouvoir s'engager dans des jeux avec eux et cela très souvent demande un entrainement spécifique, par exemple au "bureau" avant de pouvoir généraliser ces compétences à des environnements plus complexes.

Une compétence importante à travailler également consiste en le respect des alternances de tour ("à toi ...à moi ...etc."). Le fait que l'on travaille en paralèlle sur le langage, va permettre à l'enfant d'être plus efficace dans ses comportements sociaux et bien évidemment la spontanéité des commentaires et demandes est hautement désirée. Enfin, une dernière idée si vous voulez augmenter les compétences de jeu d'enfants avec autisme (mais tout ce qui est présenté n'est évidemment pas du tout exhaustif), c'est de viser tout ce qui consiste en du jeu symbolique (utiliser le jeu à d'autres fins que ce pour quoi il est prévu), c'est à travailler si l'enfant à déjà un niveau de compréhension du langage et de jeu simple lui permettant de jouer tout seul et de bien comprendre de nombreuses instructions.

 

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